Cycle Frank Cassenti à Porquerolles
Projections de films tournés à Porquerolles, réalisés par Frank Cassenti, cinéaste et directeur-fondateur du festival Jazz à Porquerolles, disparu en décembre 2023.
vendredi 26 juin à 18h à la Médiathèque de Hyères
Changer le monde
En présence de la fille du réalisateur, Sarah Cassenti, et de sa compagne, Olivia Rivet.
Au cinéma du Cadran solaire (IGESA) sur le chemin de Courtade (Porquerolles)
vendredi 11 juillet 14H30 : L’île du jazz
samedi 12 juillet 14h30 : Afro cuban project
dimanche 13 juillet 14h30 : Changer le monde

Festival de Porquerolles : l'Île du Jazz
DOCUMENTAIRE
Réalisé par Frank Cassenti • Écrit par Frank Cassenti
France • 2006 • 90 minutes • Couleur
L’île de Porquerolles, au large de Hyères, se transforme tous les étés en île du jazz. À l’affiche en juillet dernier : Archie Shepp, Aïcha Redouane, Birelli Lagrène et Aldo Romano. Sur la petite île de Porquerolles, le fort Sainte-Agathe, construit au XVIe siècle, surplombe le village. C’est là que se déroulent les concerts du festival de jazz qui a lieu tous les étés depuis cinq ans. Les musiciens investissent le fort mais aussi les jardins du parc national, les rues, les terrasses, les plages et même les bateaux. Le village s’anime de fanfares, déambulations musicales et happenings.

Changer le monde
DOCUMENTAIRE
Réalisé par Frank Cassenti • Écrit par Frank Cassenti
France • 2020 • 83 minutes • HDV • Couleur
La musique peut-elle changer le monde ? Des artistes de cultures différentes y répondent. Des femmes et des hommes qui ont à cœur le rêve de Martin Luther King, « I Have a Dream ! ». Le rêve d’un autre monde que réclame avec enthousiasme la jeunesse. Le film est un voyage musical et initiatique à travers le temps et l’espace, à deux voix, celle du cinéaste, Frank Cassenti, et celle d’Archie Shepp, un géant de la musique africaine-américaine du XXème siècle qui continue de porter la voix aujourd’hui.
Avec
Archie Shepp (USA) / Randy Weston (USA) / Majid Bekkas (Maroc) / Marc Ribot (USA) / Hamid Drake (USA) / Nicole Mitchell (USA) / Desdamona (USA) / BCUC (Afrique du Sud) / André Minvielle (France) / Lula Pena (Portugal) / Cuarteto Cedron (Argentine) / Monica Passos (Brésil) / Hermeto Pascoal (Brésil) / Mino Cinelu (Guadeloupe) / Jacques Schwarz-Bart (Guadeloupe) / Siegfried Kessler (Allemagne) / Tony Hymas (UK)…

Afro Cuban Project
Concert filmé
Réalisé par Frank Cassenti
France • 2011
Le 14 juillet 2011, les deux géants du jazz ont à leur actif plusieurs concerts pour ce projet afro-cubain. Chucho Valdès commence a capella au piano, le temps que Archie Shepp s’avance et que l’ambiance cubaine s’empare de l’atmosphère avec « Stela va a stellar ». Quand le son free du saxophone détonne dans la nuit, l’électricité monte d’un cran.
C’est Shepp qui a eu l’idée de cette connivence avec le pianiste cubain. Les deux hommes n’ont de cesse de confronter les sons et les rythmes à leur histoire et au jazz. Compositeur insatiable, Valdès réinvente sans fin un phrasé be-bop latin jazz qui envahit l’esprit. Les titres alternent les créations de l’un et l’autre, avec Carlos Manuel Miyares Hernandez au saxophone pour « The stars are in your eyes » de Shepp. Le voyage afro-cubain surgit dans toute son intensité sur fond de percussions et de chant avec Dreiser Durruthy Bombalé pour « Yansa ». La voix d’Archie Shepp retentit sur le dernier morceau « Revolution », avec toute sa force rapeuse.
Avec
Archie Shepp (saxophone) Chucho Valdés (piano) Carlos Manuel Miyares Hernandez (saxophone, ténor) Reinaldo Melián Alvarez (trompette) Lázaro Rivero Alarcón (contrebasse) Yaroldy Abreu Robles (percussions, congas) Dreiser Durruthy Bombalé (voix, tambour Batà)

Frank Cassenti réalise L’Affiche rouge (avec des comédiens et des rescapés du groupe Manouchian), Prix Jean Vigo, en 1976. En 1978, il signe un film épique, La Chanson de Roland, avec Alain Cuny, Pierre Clémenti et Laszlo Szabo. Il rencontre Pierre Goldman, dont il veut adapter l’autobiographie, Souvenirs obscurs d’un juif polonais né en France (Seuil, 1975). Après l’assassinat de Goldman par un commando d’extrême droite, en septembre 1979, Cassenti réalise Aïnama, salsa pour Goldman, avec ses amis musiciens antillais et sud-américains.
En 1981, Frank Cassenti réalise Deuil en vingt-quatre heures, série pour Antenne 2 avec Richard Bohringer, adaptation du roman de Vladimir Pozner qui évoque la débâcle de 1940. Avec Lettre à Michel Petrucciani (1983) et Archie Shepp. Je suis jazz… c’est ma vie (1984), celle de Cassenti devient aussi le jazz. Retour en Afrique (1993), filmé au Sénégal et sur l’île de Gorée, d’où partaient les esclaves, précède la comédie musicale Black Ballad (1990), avec les chanteuses Dee Dee Bridgewater ou La Velle. Arte produit ses nombreux documentaires sur les figures-clés du jazz, de Dizzy Gillespie à Nina Simone, en passant par Miles Davis et Abbey Lincoln.
Au théâtre, il met en scène Mademoiselle Else, d’Arthur Schnitzler, en 1990, et Novecento, d’après Alessandro Baricco (avec Jean-François Balmer), en 2001. Il tourne Le Testament d’un poète juif assassiné, d’après le roman d’Elie Wiesel (1987, Michel Jonasz et Philippe Léotard à l’affiche).
Avec Samuel Thiebaut, il fonde la société de production Oléo Films, en 2004. Pluie de documentaires sur les chants zoulou, la musique gnawa avec Gnawa Music. Corps et âme (2010) et La Nuit de la possession (tourné à Essaouira, en 2012), toute son œuvre toujours tournée vers « la rencontre de l’autre » et la mémoire de ses origines (le Maroc).
Œuvre immense, généreuse, qui se condense dans le « festival des musiciens » Jazz à Porquerolles qu’il crée, en 2002, avec Aldo Romano et Archie Shepp.